Un « SR 2.0 » en questions

12 06 2009

Mon précédent billet sur les journalistes “spécifiquement desk” a suscité des réactions intéressantes. Certes, le statut d’éditeur web existe déjà depuis quelques temps, comme l’ont à juste titre rappelé certains commentateurs. Quelques interrogations dont nous pourrions débattre en commentaires…

Salle de rédaction du journal Libération en octobre 2007

Salle de rédaction du journal Libération en octobre 2007

Mais voilà, là où le papier avait droit à de véritables SR, l’Internet se trouve plutôt mal loti. OK, sur le web, il faut aller vite, mais de là à laisser tout — et n’importe quoi — passer ? Le commentaire de “Monsieur Kaplan”, journaliste secrétaire de rédaction, résume bien la situation :

« Si certaines rédactions Web semblent découvrir l’utilité du SR, c’est peut-être parce qu’elles l’ont plus ou moins volontairement oubliée à leurs débuts, sous couvert d’une information plus rapide, plus directe… ou moins coûteuse. »

Et d’enfoncer le clou :

« On ne peut qu’encourager le Web a se doter de SR compétents, tout autant qualifiés que ceux du print. Corriger un papier, en vérifier le fond, en assurer la justesse (ou au moins la cohérence) orthotypographique, le titrer, le chapeauter, le mettre en ligne, etc. : autant de tâches qu’il convient de ne pas négliger et qui sont trop souvent expédiées à la va-vite (ou aux oubliettes). »

Au moment où j’ai écrit mon précédent billet, je me plaçais dans une optique d’un journalisme 100 % web (ou quasiment) au sein d’une moyenne ou grosse structure. Ou plus précisément d’un média “de référence” sur la toile : pure players “connus” créés par des journalistes ou sites d’info majeurs. Sur ce genre de sites, où les lecteurs s’attendent à trouver « de l’info et un peu plus que de l’info » (sous quelque forme que ce soit), l’organisation en interne ne pourra se résumer au seul journaliste ayant pour unique référent son rédacteur-en-chef.

Mais pour Eric Mettout, rédacteur-en-chef de l’Express.fr, c’est la même personne qui fera tout. Antoine Daccord, journaliste et community manager au Figaro.fr est du même avis : « chaque journaliste devient et devra, même doit (mais c’est déjà le cas dans certaines rédac (lepost encore)) devenir journaliste web-“animateur”. »

Ce journaliste-SR-community manager peut-il tout faire ? Certains le font déjà. Ils ont la trentaine (ou moins). Ils sont passionnés, aiment ce qu’il font. Et c’est tant mieux. Quid dans 10 ou 20 ans ? Pas sûr qu’ils voudront continuer à être multitâches (surtout la gestion de communauté).

Enfin, personne n’a vraiment rebondi sur l’aspect “recherchiste” de ce SR 2.0. Présent au quotidien au sein de la rédaction, celui-ci vit avec elle. Il sait mieux que le journaliste de terrain (souvent absent) ou le rédacteur en chef (souvent absent aussi) ce qui se passe dans la rédaction. Le SR 2.0 auquel je pense, c’est en quelque sorte :

- un veilleur hyperconnecté (et donc une force de proposition)

- une personne au point sur la publication de contenu

- un journaliste secrétaire de rédaction au sens actuel du terme

- une personne qui s’y connaît en réseaux sociaux pour la mise en valeur de contenus sur Facebook, Twitter, etc.

- un animateur rédactionnel de communauté

Ce type de journalistes secrétaire de rédaction existe déjà. Mais avec ce profil, il ne sont pas encore très nombreux. En PQR, pour chaque titre, les doigts d’une main doivent suffire. Connaissez-vous beaucoup de journalistes maîtrisant la publication de contenu, le crowdsourcing et le fast checking en dehors du microcosme parisien ? Même du côté des jeunes diplômés des écoles de journalisme, pas évident de trouver des profils à l’aise sur ces techniques.

Quoi qu’il en soit, une nouvelle génération de SR « spécifiquement web » va se développer. Si les choix budgétaires le permettent.








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