L’ancienneté sur les réseaux sociaux : prime au mérite ?

Alors que nous sommes largement entrés dans l’ère des médias sociaux, force est de constater que tous les utilisateurs ne sont pas égaux dans leur utilisation des outils. N’ayant pas la même rapidité ou facilité d’appropriation, c’est leur perception par les autres utilisateurs qui établira leur « réputation ». D’où mon interrogation du moment : l’ancienneté compte-t-elle ?

N’ayant pas trouvé d’études sur le sujet, je vous livre ici quelques réflexions. J’ai choisi de m’intéresser à 3 réseaux sociaux emblématiques : MySpace, Facebook et Twitter.

La course aux amis, premier réflexe du newbie

Lorsque MySpace était le réseau social n°1, ce qui comptait pour être reconnu comme « influent », c’était le nombre d’amis et le nombre d’affichage. La date d’inscription a finalement peu importé. Ce qui prévalait, c’est opération réseautage avec une approche quantitative : le plus d’amis, le plus vite possible. Cette course a encore cours car MySpace, et notamment sa branche MySpace Music où les artistes et groupes inscrits visent uniquement à trouver de la visibilité : une présence dans le « top friends » et sur le wall.

L’ouverture de Facebook a vu la même « course aux amis » se déclencher. Celle-ci s’est renforcée, il y a quelques mois, avec l’arrivée des « migrants » venus de MySpace (en perte de vitesse). Ceux-ci commençant par créer un profil pour leur groupe (à la MySpace) putôt que de créer une fan page. Méconnaissance de l’outil et de ses usages… C’est là que les plus anciens jugent les nouveaux arrivants. Et pour ces outils au début réservés à un cercle d’initiés, il faut un temps d’adaptation, même aux meilleurs.

Sans compter qu’au début, « Ça fait bien d’être « amis » avec des peoples » pour acquérir une notoriété dans la communauté. Mais au bout de quelques semaines à quelques mois, on s’aperçoit souvent que cet ajout frénétique ne mène à rien, ou presque. Surtout lorsque l’on ne maîtrise pas l’outil. Ceux qui n’ont pas compris le fonctionnement des « groupes d’amis » et les newsfeed qui en découlent, ou la fonction « hide » (bien pratique contre les posteurs frénétiques) sont vite déboussolés.

Ce qu’on observe aussi, c’est que celui qui aura un trop grand nombre d’amis sera jugé suspect par la communauté, ou sera même l’objet de moqueries. D’où un écrémage : la suppression des « amis » qui ne l’étaient pas. Ce qui compte, c’est n’est plus vraiment le nombre de contacts, mais plutôt ce que l’on fait avec eux. Petit à petit, on supprime les gens avec qui l’on n’entretient pas de relations régulières, ou que l’on ne juge d’aucun intérêt.

Mes connaissances ou mon comportement sur une plateforme sociale ?

Sans revenir sur la notion de « friend » mainte fois débatue sur la toile, les réseaux sociaux sont ce que l’on en fait. Les filtres d’acceptation comme celui de facebook sont un bonne chose pour se constituer une liste de personnes/partenaires de confiance. Le social spamming provoque progressivement la prise de conscience engendrant un assainissement des réseaux. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout verrouiller, non, mais plutôt qu’un filtrage a priori et a posteriori est nécessaire.

Une fois le réseau constitué, débute une phase de consolidation. Les réseaux sociaux ont fait apparaître le « peer-to-peer trust » dont parle Jeremiah K. Owyang du cabinet Forrester Research dans son étude The Future of the Social Web. Cette étude parle du marketting mais explique clairement l’apparition d’une confiance accordée à des utilisateurs influents. Ceux-ci sont souvent inscrits de longue date sur la plateforme et en maîtrisent les codes.

Cette « réputation » s’acquiert à l’usage. Et il faut du temps pour s’approprier l’outil. La date d’inscription au réseau n’est pas présentée. Mais c’est à l’usage de Facebook en tant qu’outil que l’on connaîtra l’ancienneté d’un membre. Et notamment par sa facilité à engager une conversation ou sa gestion habile du commentaire de status ou de l’écriture directe sur le wall.

Le meilleur pour la fin : Twitter. Là, plusieurs éléments sont à prendre en compte : le nombre de following/followers, qui indiquera votre influence, mais aussi votre engagement dans la conversation (retweet, questions-réponses, etc.) Le renseignement des champs « bio« , « location« , et un lien vers le site Internet compteront aussi. Une présentation claire et précise aura beaucoup plus de valeur qu’une blague potache et un flou artistique. Twitter a ceci de particulier que le rapport entre deux utilisateurs est asymétrique (comme l’a très bien montré Nicolas Gosset). L’outil est assez facile d’usage, mais les utilisateurs sont assez hermétiques aux nouveaux venus (incompréhension du principe de conversation, méconnaissance des outils de tinyurl, ignorance du follow back, « oubli » de la source, etc.). Les membres les plus anciens (2 ans et demi au grand max) sont très exigeants vis-à-vis des nouveaux membres. Si bien qu’il est assez difficile de se faire une place sur twitter si l’on n’est pas hyper-pertinent et hyper-réactif.

Sur les réseaux sociaux, les anciens « chambrent » les nouveaux. Les bizuts se doivent de comprendre vite sous peine d’être unfollowés, c’est-à-dire mis à l’index, au moins pour un temps. Mais il convient de s’accrocher. Le vrai réseau social est celui que je nourris, que j’anime ici et là, ce sont mes traces sur le web. Mieux vaut y arriver tard que de se faire dépasser par les événements.

Mon compte twitter : http://www.twitter.com/stevenjambot

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Un commentaire sur « L’ancienneté sur les réseaux sociaux : prime au mérite ? »

  1. Un témoignage complémentaire : sans faire la course aux followers, je teste. J’aime essayer. Actuellement mon jouet est aka-aki (il me semble que je suis assez expérimenté sur Twitter), sur lequel j’ai créé plus de 100 stickers. Juste pour voir qui adopte quoi.
    Le réseau étant d’origine allemande, certains éléments de la culture très hexagonales n’étaient pas préemptés (Audiard ou Kaamelot, par exemple).

    Attention à une autre chose aussi : l’avantage de l’ancienneté est aussi que, si l’on a un contact ancien et prolongé avec quelques célébrités (monde des arts, politique…), cela peut permettre un contact réel. C’est d’ailleurs parfois dans cette optique que l’on approche, quand le réseau est frais, une « célébrité ». J’ai ainsi pu approcher en vrai certaines personnes qui m’auraient été inaccessibles par ailleurs.

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